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Oui. En cas de succession, l’héritier ne supporte pas d’impôt sur la plus-value liée à la période du défunt : la transmission par héritage bénéficie du régime d’exonération, contrairement à la donation. L’héritier paie des droits de succession, mais la valeur retenue au décès sert de nouvelle référence pour une éventuelle plus-value ultérieure.

La succession et la donation transmettent toutes deux un bien sans vente, mais elles se comportent de façon opposée sur le terrain de la plus-value. Pour l’héritier, la règle est favorable : la transmission par décès bénéficie de l’exonération de plus-value, là où la donation ne l’ouvre pas. C’est une distinction essentielle, souvent décisive dans les stratégies patrimoniales.

Concrètement, l’héritier reçoit le bien à sa valeur retenue au moment du décès, qui sert de référence pour toute plus-value future. Il ne « récupère » pas la plus-value latente accumulée par le défunt : celle-ci n’est pas taxée dans son chef. En contrepartie, l’héritier acquitte des droits de succession, qui en Wallonie s’échelonnent en ligne directe et entre époux ou cohabitants légaux de 3 % à 30 % sur la part nette, avec un abattement de 12 500 euros (notaire.be, 2026). Le conjoint ou cohabitant légal survivant est même exonéré de droits sur le logement familial.

Le point contre-intuitif, c’est que garder un bien jusqu’au décès plutôt que de le donner de son vivant peut préserver l’avantage plus-value pour les héritiers, alors que la donation, souvent choisie pour réduire les droits, prive le donataire de cette exonération. Le choix entre donner et léguer ne se résume donc pas à comparer droits de donation et droits de succession : il faut aussi intégrer le sort de la plus-value en cas de revente.

Si l’héritier revend le bien peu après l’avoir reçu, il n’y a en général pas ou peu de plus-value imposable, puisque le prix de vente est proche de la valeur retenue au décès qui lui sert de base. Une réforme wallonne annoncée pour le 1er janvier 2028 doit abaisser le taux maximal des droits de succession en ligne directe de 30 % à 15 %, mais les successions ouvertes avant cette date restent au barème actuel. Cette réforme touche les droits de succession, pas le principe d’exonération de plus-value, qui demeure.

En un coup d’œil

Aspect Traitement en cas de succession
Plus-value liée à la période du défunt Exonérée dans le chef de l’héritier
Valeur de référence pour la plus-value future Valeur retenue au décès
Droits dus Droits de succession (Wallonie : 3 % à 30 % en ligne directe)
Logement familial du couple Exonéré de droits pour le conjoint / cohabitant légal survivant
Comparaison avec la donation La donation, elle, n’ouvre pas l’exonération de plus-value
Réforme au 1er janvier 2028 Taux max ligne directe 30 % vers 15 %, sans toucher l’exonération